mercredi 30 avril 2003

Mémoires d'Argentine

Samedi 19 avril 2003.

Il est 6h du matin a Rio de Janeiro, un avion aux couleurs azur de PLUNA vient de se poser après 14h50 de vol. Le soleil ne s'est pas encore levé mais je sens déjà la chaleur toride entrer par la porte de l'avion. Il fait déjà plus de 25ºc. Ce n'est qu'une petite escale de 45 minutes, histoire de se dégourdir les jambes. Je suis épuisé mais à la fois émerveillé de sentir sous mes pieds le nouveau monde plus de 500 ans après Christophe Colomb.

Le jour se lève bientôt et découvre une ville endormie dont les petites maisons se blotissent entre les vertes collines qui se jettent dans l'océan, ce sont les favelas de Rio. La pause n'est que trop courte, il faut regagner l'avion. En attendant Nico, je fais part de mes nouvelles impressions à Laura mes deux amis argentins avec qui et pour qui j'ai traversé l'atlantique.

On regagne nos sièges pour une nouvelle escale à Montevideo cette fois. Le vol ne dure que 2h30, le temps de discuter avec mon voisin uruguayen. C'était un homme d'une soixantaine d'année, grand et de caractère jovial. Il me raconte qu'il vient de passer un an en Espagne où vit sa fille, réalisant ainsi le rêve de sa vie: connaître l'Europe! Je peux mourir tranquille me confie-t'il avec un léger sourire. Il me parle aussi de retrouver sa femme et sa pamapa natale où paissent les bovins et enfin de son ancien travail comme comis de transport. ce qu'il aime avant tout, c'est le vin urugayen, le whisky, la parilla et surtout comme un bon gaucho le mate entre amis.

Le voyage me parut si court que je suis surpris par l'attérrissage à l'aéroport de Montevideo.
C'est un aéroport minuscule perdu au milieu des champs. Cette allure campestre fait sourire Nicolas. Depuis la cafétaria, je peux admirer la plaine de la pampa qui s'étend à perte de vue.
Malheureusement, il fait gris, ça me rappelle un peu mon plat pays. Après un café, on reprend l'avion pour Buenos Aires et survolons l'embouchure la plus grande du monde celle du rio de la plata dont les eaux brunes charrient les alluvions vers les côtes argentines.

Mon arrivée à l'aéroport et celle de mes amis est accueillie en fanfare para la famille.
Il faut dire que cela fait déjà deux ans et demi que Nico et Laura ont décidé de tenter leur chance à Barcelone, et ils leur manquaient énormément. Vous ajoutez la chaleur et l'excès du sang latin et vous obtenez une cacophonie de rires, de pleurs et d'embrassades. Mais il ne faut pas attendre longtemps avant qu'ils portent leur attention sur moi. C'est alors que déferlent les questions, d'où je viens, comment je les ai connu, que vais-je visiter... La question est que tout mon programme de voyage est tombé à l'eau lorsque Martin le frère de Nico, chez qui je devais passé quelques jours dans les montagnes andines de Bariloche, vient d'arriver à Buenos Aires avec quelques jours d'avance. Après une confusion de propositions les plus folles, Mario le frère de Laura qui m'avait préparé un circuit via E-Mail, me prend à part et me demande ce que je veux visiter. Je lui explique que j'ai rendez-vous à 18h le même jour à Rio Gallegos en Patagonie avec Norma, une fille que j'avais connu sur internet, et que depuis mon adolescence, j'avais toujours rêvé de connaître Ushuaïa, la ville du bout du monde. En cinq minutes, mes vacances étaient règlées: je partais de Buenos Aires à 15h pour Rio Gallegos, puis de là une bus le 21/04 pour Calafate au pied de la cordillère des andes et le 25/04 à 9h30 un avion d'Ushuaïa vers Buenos Aires pour assister au mariage de Nico et Laura, raison principale pour laquelle j'étais venu en Argentine.
Il était 12h passé, mes deux amis retrouvaient leur famille et moi, je tuais le temps avec Mario à la cafet de l'aéroport. Entre deux empanadillas et quelques bières, on refaisait le monde en parlant de la crise argentine, des voyages en europe et de ma vie à Barcelone.

Le temps passe vite quand on refait le monde. Et me revoilà de nouveau assis dans un avion en direction de la patagonie à 3000 km au sud de Buenos Aires. Les trois heures de vol et la bière m'assoupissent et me permet de récupérer un peu de mon long voyage. Depuis le hublot, se dessinent alors la steppe désertique de la Patagonie. Il est 18h40 et le soleil se couche sur cette partie du monde oubliés de tous. Mon coeur se serre un peu, je vais bientôt rencontré une fille dont je ne connais que la photo.

En fait elles sont deux pour m'accueillir à l'aéroport. Norma a beaucoup changé depuis sa photo et j'ai un peu de mal à la reconnaitre mais elle non. Embarqués dans une corsa au parebrise fumé, je me dirige en compagnie de deux inconnues bien sympathiques vers le centre de cette petite bourgade de 8oooo habitants perdue au milieu de nul part. Contrairement à ce que je pensais, il fait relativement bon pour un lieu fréquemment balayé par les vents antartiques. en deux temps trois mouvements, j'ai mon billet de microbus pour Calafate du lundi et je m'installe à l'hotel dont le tenancier à la figure joviale se réjouit de ma curieuse arrivée en si charmate compagnie. Deux heures me suffisent pour recharger mes piles. C'est samedi soir et comme partout sur la terre, on sort danser.

Mes deux amies se sont faites belles pour venir me chercher. Il faut dire qu'il n'est pa courant qu'un étranger venu de l'autre bout du monde visite ces terres austères. Rosana m'explique l'ennui dont souffrent ses habitants tant isolés, l'autre ville la plus proche est a plus de 300 km!
Mais ce soir, ce sera la fiesta qui sera au programme. Comme el Boliche n'ouvre que tard dans la nuit à 4h du matin, il faut tuer le temps. Du coup, on fait une vir´´e en bagnole avec plusieurs arrêts au fast food du coin, au casino oû Norma déborde de chance et enfin face à la mer où on s'ingurgite avec deux potes qui nous avaient rejoints quelques Quilmès, tout en chantant et en se racontant des histoires. Ainsi , ils me racontent les derniers ragots , pas facile pour d'être gai me disent les deux potes dans cette petite ville de nul part. l'heure passe et les filles m'invitent au boliche. C'est une ancienne grange reconvertie en boite de nuit. l'entrée est vraiment pas chère pour moi. Comptez 2€ et 1.5€ pour un whisky. Vous imaginez la suite. Mon état d'ébriété m'a délié la langue ce qui m'a permis de connaìtre tout le "village" et quasi aussi de perdres mes amies. Ainsi se termina ma longue et première journ´´e sur le continent américain!
Dimanche 20 avril 2003
C'est avec un mal de tête effroyable que je me lève péniblement vers 16h00. pour m'excuser de cette longue grasse matinée, nous étions quand même rentrer vers 8h du matin. La première personne à laquelle je pense c'est Norma. Suis-je sorti avec elle la veille? je n'en ai qu'un vague souvenir, tout est confus. je lui téléphone pour fixer rendez vous avec Rosana vers 19h. cela me laisse juste le temps d'envoyer quelques mails à ma famille. elles arrivent avec un peu de retard à l'hotel oû j'étais en train de prendre le traditionnel mate avec le gars de la reception. J'avais décidé deleur faire écouter la musique alternative qui passe â Barcelone parce que j'avais été surpris la veille d'entendre les memes tubes commerciaux qu'en Espagne. On va prendree un café et on discute longtemps. L epatron nous salue, il était au boliche hier soir aussi, moi je ne m'en souviens pas. Soudain mes yeux s'arrètent sur un poème au dos du menu. " Il chante le vent qui souffle sur la steppe endormie de Santa Cruz..."Les filles se décident enfin de montrer leur ville, où elles travaillent,leur école.. C'est tout un petit monde inconnu que je découvre et pourtant si famillier malgré les miliers de KM qui nous séparent. Il se fait tard et l'heure des adieux a sonné. On s'échange nos adresses et on s'embrasse comme de vieux amis qui ne se connaissent pourtant que depuis 2 jours. je promets à Norma de repasser à Rio gallegos pour poursuivre mon voyage vers Ushuaia. Pourtant, je n'allais plus jamais la revoir.
Lundi 21 avril 2003
Il est 9h05 quand le taxi vient me chercher pour me conduire à la station d'autobus. le chauffeur, un homme austère comme sa voiture, chantonne une vieille mélodie qui passe à la radio. c'est une chanson qui parle du massacre des indigènes, me dit-il. Aussi,il m'explique qu'au 19 siècle les propriètaires terriens offraient une prime pour chaque oreille coupée à un indigène surpris à voler dans ses champs. Dure époque pour ces indiens qui n'existent plus que dans les musées exterminés par la cruauté de peuples dits civilisés. C'est ainsi que je réalise vraiment oû je suis, un lieu meurtis par l'isolement et les éléments naturels qui aconnu une histoire cruelle. me voilà embarqué dans le "micro" comme il l'appelle pour un voyage de 4 heures à travers les steppes de la province de Santa Cruz. A travers les vitres encrassées par la poussière défilent un paysage désolé et monotone.
J'arrive à calafate vers 15h. Le paysage qui se dessine devant moi est formé de vertes montagnes emboisées au bas desquelles courent de nombreux ruisseaux qui se jetent dans le lac Argentina. Comme c'est beau, m'écriais-je. après cet instant d'émerveillement, je me dirigeais vers l'hotel America del sur. la bas m'attendait un gars depuis toute l'après-midi, Je fus surpris qu'il m'acceuillit par mon prénom. je comprenais plus tard qu'en cette basse saison, il ny avait pas grand monde. On prit une bière ensemble et de suite le courant passa entre nous.
Depuis quelques mois, il avait décidé avec deux amis de tout laissé à Buenos Aires pour construire un hotel en Patagonie. L'hotel venait juste d'être terminé en février pour la saison et le laissait ouvert toute l'année pour le rentabiliser. Encore un argentin affecté par la crise qui a décidé de fuir Buenos Aires, me disais-je. Profitant des lueurs du jour qui restaient, j'entrepris une rapide promenade le long du lac Argentina et dans la petite ville de calafate, composée de petites maisons colorées de bois et toles ondulées. j'organisais également ma visite du lendemain au fameux glacier Perito Moreno. A mon retour à l'hotel, je fis connaissance de Dolores, une fille de la capitale qui avait toujours rêvéde vivre en Patagonie et y fonder une famille. C'est plus tranquille pour les enfants, me dit-elle. Pour l'instant elle s'occupait de l'hotel et de ses invités avec une attention exagérée. aussitôt, je m'épris de sympathie de sa douce folie. le lieu ne manquait pas de nationalités diverses, il y avait des australiens, un allemand, un couple d'holandais, deux isréliennes et un belge qui partageait quelques moments de la vie de Dolores. Ce fut un bon exercice de langues autant pour rafraichir mon anglais que mon néerlandais.

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